| (12) |
|
|
Voir aussi : - L'écoute
des radiosondes - Préparation
d'une expédition - Entraînement
et préparation - prévision
de trajectoire - vol d'une
RS - La chasse SANS prévision
pour une équipe - La chasse
AVEC prévision pour une équipe - Identification
au son d'une RS - Utilisation
du décodage pour localiser le point d'impact -
On a toujours intérêt à être présent
sur le terrain dès le début du vol. On peut ainsi
repérer la fréquence de la radiosonde et mémoriser
sa modulation puis se placer au bon endroit. La première
des choses à faire est de vérifier que la trajectoire
réelle est conforme à celle qui a été
calculée. Si ce n'est pas le cas on pourra corriger cette
dernière.
A l'heure où la plupart des radiosondes sont décodables
et utilisent le système GPS pour se positionner on peut
se demander quel est l'intérêt des techniques décrites
ci dessous ? En dehors du fait que le récepteur d'une RS
puisse tomber en panne, il est une raison de bien comprendre le
vol d'une RS et de maîtriser les techniques de recherche
: le plaisir d'une chasse "bio", sans décodage,
seul ou en équipe.
Organisation des équipes
L'idéal est d'être 3 opérateurs par véhicule
:
- le conducteur,
- l'écouteur qui écoute le signal en roulant et
fait les relevés lors des arrêts,
- le navigateur qui mesure l'azimut derrière l'opérateur,
trace les relevés, étudie les cartes et guide le
conducteur.
Plus le nombre d'équipes est élevé, plus
les chances de repérer le point de chute avec précision
est grand. Chaque équipe sera autonome et munie d'un pocket
VHF. Les relevés seront effectués au même
moment, d'un commun accord.
Il semble qu'il soit préférable d'avoir une équipe
de 2 opérateurs plutôt que deux équipes d'un
seul opérateur.
Recherche de la fréquence
Une fois sur le terrain, la première des choses à
faire est de repérer la fréquence de la RS. Si l'on
se trouve à moins de 10 km d'elle, le signal sera très
fort et on ne risquera pas de la confondre avec une autre de même
modulation ou, si c'est la première fois que l'on a l'occasion
d'en entendre une de ce type, on pourra plus facilement l'identifier.
Noter la fréquence, l'heure et la direction dans le journal
d'écoute ; décrire sommairement la modulation. Balayer
toute la bande, s'il s'agit d'une RS92-KL il est probable qu'on
l'entendra sur une large bande. Les RS92-AGP ont un oscillateur
synthétisé, leur fréquence est stable et
précise. On retrouve plus facilement leur signal quand
on connaît la fréquence, sinon il faut balayer avec
un pas de 5kHz en SSB.
Le relevé
Pour effectuer un relevé fiable et précis il faut
:
- une antenne la plus directive possible (quoiqu'un bon opérateur
avec une HB9CV puisse faire de l'excellent travail)
- une bonne boussole ou mieux, un compas de relèvement.
- se placer dans un endroit bien dégagé même
s'il ne s'agit pas d'un point haut
- se méfier des sources de pollution radioélectrique
(véhicule, relais hertziens, stations émettrices...)
- s'éloigner de toute masse conductrice, bâtiment,
véhicule, autre opérateur...
- faire trois relevés à trois endroits éloignés
l'un de l'autre d'au moins 10 m et faire une moyenne
- se méfier des masses magnétiques dissimulées
dans le sol (béton armé...), des véhicules,
des rambardes et des grilles en acier, des aimants de haut-parleur...
- s'assurer que la valeur mesurée est plausible et qu'il
ne s'agit pas d'une réflexion, qu'il n'y a pas une erreur
de 180 degrés (boussole inversée, antenne HB9CV
tenue à l'envers...)
Vérification de la trajectoire calculée
Le point d'éclatement BP est un point charnière
car il se trouve généralement au 2/3 du segment
CM-IP (Centre Météo - Point d'impact). On peut le
vérifier en se plaçant directement dessous (cas
d'une seule équipe) ou par triangulation avec deux ou plusieurs
équipes. En le positionnant sur la carte on peut réorienter
la trajectoire calculée et déterminer le nouveau
point d'atterrissage IP.
Voir : la chasse sans et avec
prévision.
Suivi de la RS
Si la distance parcourue au total
par la radiosonde est faible (moins de 40km) on peut attendre
que la RS commence à redescendre pour savoir dans quelle
direction elle se déplace et chercher à rester en
dessous d'elle. Cette méthode nécessite 2 opérateurs
dans le véhicule, l'un conduit et l'autre écoute
la RS à l'aide d'une antenne directive extérieure.
De cette façon on ne peut dépasser la vitesse de
50 km/h mais on ne perd pas de temps à faire des relevés.
Cette méthode n'est pas sans danger pour celui qui passe
le bras par la portière. Il est préférable
d'utiliser un système homing
ou doppler.
La figure ci-contre montre le trajet suivi par la radiosonde et
la route parcourue par le véhicule de l'équipe de
recherche. La seconde a une longueur double du premier. Même
si le véhicule ne s'arrête pas pour faire des relevés,
sa vitesse moyenne ne dépassera pas 40km/h. Pour pouvoir
suivre la RS il ne faudra pas que celle ci se déplace à
plus de 20 km/h horizontalement.
Si la distance est supérieure à 50 km une autre
tactique sera à employer.
Attente de la chute au point
d'impact prévu
Si la distance entre le point d'éclatement BP et le point
d'impact dépasse une quinzaine de kilomètres, il
vaut mieux se placer au plus près du point d'atterrissage
recalculé et attendre sur un point dégagé
que la RS se pose en relevant la direction à l'instant
où elle disparaît derrière l'horizon. Si la
trajectoire est nettement plus longue que prévu il peut
être préférable de reprendre la route pour
rejoindre un point dégagé plus loin, dans la direction
suivie par la RS, en écoutant en roulant si possible. On
cherchera à tout prix à capter le dernier signal
audible et à mesurer sa direction. Ce sera sans doute la
direction du point de chute, celle vers laquelle il faudra rouler
pour retrouver le contact auditif avec le signal de la balise,
en ratissant de part et d'autre de cette direction éventuellement.
Cas d'une trajectoire très longue
Il est rare qu'une RS parcoure plus de 200 km mais cela peut arriver
et ce peut être l'occasion de chasser dans sa propre région
une radiosonde qu'on n'y rencontre jamais. La zone probable de
chute est très grande et la distance réelle peut
être 50 km plus longue ou plus courte que prévu (Voir
Incertitude sur la prévision
de trajectoire). Les chances de localiser une RS dans ces
conditions sont minces mais pas nulles. Après avoir vérifié
la direction de la trajectoire, le mieux est de se placer sur
un axe routier rapide parallèle à celle-ci et de
se positionner vers le point d'éclatement en l'attendant
puis de s'efforcer à la suivre. Voir la
chasse avec prévision pour une équipe.
La précision des mesures
à l'éclatement
La direction d'un relevé
peut être plus ou moins précise en fonction de la
valeur de l'angle de site. Plus la RS semble haute au dessus de
l'horizon plus la précision est faible. On a parfois l'impression
d'être sous la radiosonde quand elle est à 30000
mètres d'altitude (à l'éclatement) alors
qu'on en est peut-être à 10 ou 15 km. Un opérateur
se trouvant dans un cercle dont le centre R est la position géographique
de la RS et dont le rayon est égal à la moitié
de l'altitude de la celle-ci sera persuadé d'être
sous la radiosonde.
La précision s'améliore lorsque la RS descend ou
lorsqu'on s'éloigne d'elle.
Disparition du signal
Sur les figures ci-contre est représentée la trajectoire
d'une radiosonde (en bleu) et le trajet du signal (en rouge), l'épaisseur du trait étant proportionnelle
au niveau de celui-ci. Les nombres en gras indiquent le temps
sous la forme h-20mn à h-5mn par rapport
au moment de l'impact.
En fin de chute, le signal reçu par l'opérateur
au point R diminue d'intensité.
Deux cas extrêmes sont ici décrits.
1) la RS est loin (plus de 50
km)
A h-20mn le signal est fort et diminue lentement d'intensité
jusqu'à n'être plus du tout audibleà h-10.
Il a mis 10 mn pour disparaître.
Le signal peut être encore audible alors que la RS est déjà
cachée par l'horizon. Ce genre de phénomène
de propagation est fréquent.
En règle générale il est inutile de chercher
à 5 km une RS qui a mis 10 mn à disparaître
car il est fort probable qu'elle se trouve à plus de 50
km.
2) la RS est proche (moins de
10 km)
Jusqu'à h-7mn le signal est très fort
Dès que la RS est cachée par le relief, le signal
chute brutalement et disparaît en une ou deux minutes. C'est
une mesure intéressante qui indique que le point de chute
est relativement proche
Approche
Si par chance le signal est encore
audible après l'atterrissage, il suffit de deux ou trois
relevés se coupant franchement pour localiser la zone avec
une précision suffisante. En tournant en voiture autour
de la zone en utilisant les chemins les plus proches on effectue
un ensemble de relevés qui vont converger sur le point
de chute. Le niveau du signal est aussi une bonne indication.
A défaut de S-mètre on peut utiliser un jeu d'atténuateurs
dont l'effet aura été estimé lors d'un exercice
préparatif.
L'étude de la carte détaillée permet de déterminer
le meilleur chemin pour arriver à la radiosonde. Sur l'exemple
ci-contre le signal au point 2 était très fort mais
la progression aurait été très difficile
à cause du relief. Après traçage de plusieurs
relevés on remarque que la RS se trouve tout près
d'un chemin forestier permettant une phase finale en pédestre
relativement rapide. En outre la recherche radiogonio est plus
facile car les équipes de recherche connaissent la position
approximative de la balise.
Ratissage
Si le signal n'est plus audible après l'atterrissage, il
n'y a pas d'autre moyen que de ratisser en parcourant les routes
croisant le trajet supposé de la radiosonde. Il est nécessaire
d'écouter en roulant, avec une antenne extérieure
au véhicule et en faisant des relevés sur des endroits
dégagés tous les 2 ou 3 km.
Si la portée de l'émetteur est de 2km et que les
mailles du réseau de routes carrossables ont des dimensions
toujours inférieures à 4km, la radiosonde sera audible
sur au moins une portion de route (en rouge sur l'exemple ci-contre).
Il est fortement conseillé d'écouter en roulant
tout en s'arrêtant tous les 1 ou 2 km pour effectuer une
mesure à l'aide de l'antenne à gain.
Cas d'un atterrissage sur la cime des arbres
Une RS posée sur la cime
d'une arbre isolé peut être entendue de très
loin. Il n'en est pas de même s'il s'agit d'une forêt
car la portée peut être alors très réduite
à cause de l'absorption due à la végétation.
L'exemple ci-contre représente une RS posée sur
la cime d'un grand chêne situé à quelques
dizaines de mètres de la lisière, dans une futaie,
au mois de septembre.
1) à l'extérieur de la forêt :
Le signal est très faible jusqu'à plusieurs centaines
de mètres de la lisière, .Il augmente dans une certaine
mesure quand on s'éloigne de la forêt puis disparaît
à quelques kilomètres.
2) dans la futaie il disparaît totalement à quelques
centaines de mètres de la RS par contre le signal est très
fort dans un rayon de quelques dizaines de mètres en dessous
de la radiosonde. La direction du signal est très floue
sauf quand on se trouve sous la RS, l'antenne dirigée vers
le haut.
Lorsque la RS est au sol le signal augmente rapidement au fur
et à mesure qu'on se rapproche, à quelques mètres,
il est reçu sans antenne. Ce n'est pas le cas si le boîtier
est placé dans ou au-dessus de la masse des feuilles (ou
des aiguilles pour les résineux).
La portée d'une radiosonde
au sol
Cette notion n'a pas beaucoup de sens car la distance à
laquelle est entendue une RS après l'atterrissage peut
varier de quelques mètres à plusieurs dizaines de
kilomètres. Lorsque l'on vient de découvrir une
radiosonde, un exercice très intéressant consiste
à tourner autour pour étudier l'intensité
du champ reçu à différentes distances et
en fonction de la nature du sol, de la végétation
et du relief.
Mais si on n'a pas de RS, il faut quand même avoir un ordre
de grandeur :
- En règle générale on peut dire qu'une RS
qui vient de se poser au sol est toujours audible à moins
de 500 mètres.
- Si elle est masquée par le relief ou par une épaisse
végétation, on commencera à l'entendre à
1 km
- En vue directe, posée sur un arbre (voir ci-dessus),
on peut l'entendre à plusieurs km
- Au sol, bien dégagée, elle peut être entendue
dans un rayon de 3 km
- En montagne, en vue directe, on peut recevoir son signal jusqu'à
une dizaine de km.
Voir page : Zone couverte au sol par les
signaux d'une radiosonde
Recherche à très
courte distance
Lorsque le récepteur est saturé, il est pratiquement
impossible de déterminer une direction. On peut bien sûr
prendre du recul pour faire baisser le signal mais il existe plusieurs
manières de travailler à très courte distance
de la RS. Voir : recherche à courte
distance.