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 De la montgolfière à la radiosonde moderne
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Voir aussi :  Le radiosondage : généralitésLes débuts du radiosondage 1920-1945Le Wettermuseum de Lindenberg -

Les premiers "plus légers que l'air"

C'est en observant la fumée monter dans sa cheminée que Joseph MONTGOLFIER imagina en 1782 l'utilisation de la force ascensionnelle de l'air chaud pour soulever une masse. Il réussit à convaincre son père et ses frères papetiers à Annonay de fabriquer une enveloppe en tissu puis une plus grande en papier pour vérifier ses hypothèses. Après un essai concluant le 25 avril 1783 la première expérience publique d'aérostation eut lieu le 4 juin 1783 (photo ci contre) ; ce fut un immense succès.
A Paris, Jacques Alexandre CHARLES et Marie-Noël ROBERT ont entendu parler de la machine des frères Montgolfier. Ils s'activent à réaliser un ballon qui, rempli de "gaz inflammable" (que Lavoisier n'avait pas encore baptisé "hydrogène"), découvert par le physicien anglais Henry Cavendish en 1766, devait s'élever grâce à la différence de densité entre ce gaz et l'air. Le 27 août 1783, après quelques péripéties, le ballon décolle du Champ-de-Mars pour atterrir 16 kilomètres plus loin, à Gonesse (95). Le grand public se passionne pour ces expériences en attendant de voir un homme s'affranchir de la pesanteur.

Premiers vols habités

Voler comme un oiseau est l'un des plus vieux rêves humains. Après leur exploit de juin 1783, les frères Montgolfier ont préparé une enveloppe capable de soulever une charge utile de plusieurs dizaines de livres (on ne parlait pas encore en kilogrammes). Sans attendre, ils se mettent au travail et, le 19 septembre 1783, le premier vol habité avait lieu, le ballon à air chaud construit pour la circonstance emportait un mouton, un canard et un coq à 500 mètres d'altitude. Le retour au sol des animaux s'étant effectué sans problème pour les passagers, le moment était venu de tenter l'expérience avec un être humain.
Après plusieurs vols captifs, la montgolfière étant retenue au sol par des cordes, le premier vol piloté de l'histoire eut lieu à Paris le 21 novembre 1783, avec Jean-François Pilâtre de Rozier et le marquis François Laurent d'Arlandes. Il dura 25 mn pendant lesquelles le ballon et ses deux occupants parcoururent 9 kilomètres.
Le 1er décembre 1783 Jacques Charles et Marie-Noël Robert s'envolent dans un ballon à gaz. L'aérostation passionne alors le public et devient l'objet de manifestations festives rassemblant des milliers de personnes.
Le ballon fut très tôt utilisé par les scientifiques, comme Jean-Baptiste Biot et Louis Joseph Gay-Lussac qui effectuent en 1804 une ascension jusqu'à 4000 mètres dont le but est d'étudier le champ magnétique terrestre en altitude. De nombreuses autres expériences ont lieu au cours du XIXème siècle qui se sont parfois mal terminées, comme celle du Zénith à Ciron (36) le 16 avril 1875, où deux des trois aéronautes, Théodore Sivel et Joseph Crocé-Spinelli, moururent asphyxiés à près de 8000 mètres d'altitude.
Le 25 septembre 1852 Henri Giffard effectue le premier vol en ballon dirigeable gonflé au gaz d'éclairage (photo ci-contre). Il est mû par un moteur à vapeur de 150 kg. Les risques présentés par la proximité de la chaudière et du ballon rempli de gaz inflammable (quand ce n'est pas de l'hydrogène) mais aussi les variations de la masse de la charge soulevée (à cause de la combustion du charbon et de l'évaporation de l'eau) limitent le développement du dirigeable à cette époque.


Le premier ballon sonde

Avant l'avénement des ballons-sondes, les mesures à basse altitude (inférieure à 300 m) étaient pratiquées avec des cerfs-volants ou des ballons captifs. Pour les plus hautes altitudes elles étaient effectuées exclusivement par des opérateurs aéronautes. Les accidents n'étaient pas rares et les moyens requis étaient importants et coûteux. C'est pour ces raisons que le 11/10/1892 Gustave Hermite et Georges Besançon tentent et réussissent le premier lâcher de ballon-sonde. Il s'agit d'un ballon de baudruche emportant un barographe de construction très simple. Il est basé sur l'utilisation d'une capsule anéroïde qui fait se déplacer un style laissant une trace sur un disque recouvert de noir de fumée. Ce premier ballon-sonde monta à 1200 m d'altitude et parcouru 75 km.
Cette expérience fut la première d'une série menée par l'Union aérophile de France. "Aérophile" était le nom portés par les ballons lâchés dans le cadre de cette campagne, des altitudes de plus de 8000 mètres ont été atteintes. Quelques mois plus tard les Allemands tentent des expériences semblables pour mesurer à la fois la température et la pression. Le nom de code des ballons utilisés est "Cirrus". Ils atteignent l'altitude de 16000 m et mesurent des températures de -50 degrés. A partir de 1896 ont lieu des essais communs entre l'Allemagne, la France et la Russie. Le nom des ballons utilisés lors de cette campagne scientifique est "Strasbourg".
Léon Teisserenc de Bort, météorologiste français travaillant au Bureau Central Météorologique, fonda en 1896 son propre Observatoire de Météorologie à Trappes (78). Dans le cadre de ses études de l'atmosphère, il effectua plus de 200 lâchers de ballons-sondes qui lui permirent de prouver l'existence d'une couche (la stratosphère) située au dessus de la troposphère et où la température remonte avec l'altitude au delà d'une limite (la tropopause) dont il a mis en évidence les variations d'altitude en fonction de la saison et de la position géographique. Ces ballons-sondes emportaient un matériel enregistreur (température, pression), le météographe, qui conservait sous forme de tracés les valeurs mesurées. Après éclatement, la nacelle redescendait sous parachute et attendait patiemment qu'un promeneur, un paysan ou un bûcheron la retrouve et la renvoie à l'expéditeur.
Le développement de l'aviation permit des mesures à basse et moyenne altitude en confiant des météographes aux avions. Il était alors possible de récupérer rapidement un grand nombre de mesures pour un coût relativement faible. Une autre technique pour obtenir rapidement des mesures dans la partie basse de la troposphère était l'utilisation de ballons captifs ou de cerfs-volants emportant un météographe, mais les prévisionnistes demandaient plus de données concernant les altitudes supérieures à 5000 mètres, le ballon-sonde était la seule solution.

La première radiosonde

C'est aussi en France que la première radiosonde a été lâchée. Le 8 mars 1927 le physicien Pierre Idrac et le météorologiste René Bureau installent un émetteur à tube électronique dans un ballon-sonde, ils prouvent ainsi qu'il est possible de recevoir les signaux émis depuis la stratosphère. Encouragé par ce succès, Robert Bureau travaille à la réalisation d'une radiosonde capable de retransmettre au sol les informations de température et de pression en fonction de l'altitude. Le lâcher de la première radiosonde de l'histoire eu lieu le 17/01/1929 . Elle atteint l'altitude de 13000 mètres.

Evolution des radiosondes

L'exemple de Robert Bureau fut très rapidement suivi en janvier 1930 par le Soviètique Pavel Molchanov et l'Allemand Paul Duckert en mai 1930 puis, en décembre 1931, par le Finlandais Vilho Väisälä, le fondateur du plus important constructeur actuel de radiosondes. En 1936 un réseau était organisé aux USA qui permit de pratiquer des mesures cohérentes et coordonnées sur une vaste échelle.
Les mesures de vents étaient effectuées dès les années 40 à l'aide de radiothéodolites qui mesuraient manuellement les déplacements de la radiosonde en utilisant les principes que nous connaissons en radiogoniométrie. Par la suite les mouvements des radiosondes ont été suivis par des radars, ou encore grâce à l'utilisation du système de navigation LORAN-C et enfin avec l'aide du GPS.
Les premières radiosondes utilisaient un émetteur VHF utilisant un tube et le codage des données avant transmission était assuré par des mouvements d'horlogerie, des systèmes mécaniques astucieux, légers et assez imprécis (photo ci-contre).

Les performances des RS ont suivi l'évolution de la technologie avec l'apparition dans les années 60 des émetteurs à transistors et dans les années 80 des modules construits à partir de circuits intégrés. Les PIC et autres microcontrôleurs sont maintenant couramment utilisés dans les radiosondes. Les capteurs ont beaucoup évolués pour une meilleure fiabilité, une plus grande précision et un coût très bas. La photo ci-contre montre le capteur barométrique et une partie de la platine de mesure d'une RS92-KL. On peut mesurer le chemin parcouru en comparant la photo précédente avec celle-ci. Cinquante ans les séparent.
Le décodage des mesures, qui nécessitait autrefois de fastidieux calculs, est rapidement effectué par un micro-ordinateur qui transmet ensuite ses résultats par Internet à une base de données mondiale, celle qui nous permet d'effectuer des calculs prévisionnels de trajectoire.